Ancien camion magasin spécialement réaménagé et numérisé l’espace mobile « Rosalie » accompagne les actions des Maisons Pour Tous en pieds d’immeubles. Différents ateliers gratuits sont proposés toute l’année (cuisine, informatique, bricolage, administratif…).
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Témoignage de Louise Fleurus, directrice du Centre Social Les Maisons Pour Tous de Coulaines (72)
Historique :
« Cela découle d’un ancien projet qui date de 2015 appelé « Aller vers et accompagner les ménages invisibles » qui consistait en un appartement pédagogique dans l’une des tours du quartier pour être en grande proximité des habitants. En 2019, il a fallu renouveler le projet. Le centre social a choisi d’aller vers des actions décentralisées en pied d’immeuble en s’appuyant sur le travail de repérage réalisé par les bailleurs sociaux des personnes qu’ils considéraient comme invisibles. Il s’agit de personnes a priori sans accompagnement social par ailleurs et isolées. Le camion ROSALIE a été l’outil le plus visible pour aller à la rencontre de ces personnes ».
Le public visé :
« Dans le cadre du projet ROSALIE, le public visé est le public identifié par les bailleurs sociaux comme « ménages invisibles » et une fois le camion en pied d’immeuble, ce sont l’ensemble des habitants qui sont croisés sur le quartier ».
Dans la forme :
« Le projet à démarrer en 2020 avec des financements sur 3 ans. C’est un vieux camion de marché qui a été aménagé. Les bailleurs sont très impliqués dans le projet mais ce sont leurs fédérations qui ont apporté du financement.
Le bilan de la première année, c’est que faire des actions en pied d’immeuble ce n’est pas suffisant, il risque d’y avoir des groupes d’habitués, ça peut faire fuir les autres et tu recréés des murs invisibles. L’idée est d’aller à la rencontre des gens pour les convier à venir discuter.
Le bailleur fournit une liste de personnes qu’il a repéré, avec l’accord des personnes. Ensuite avec une action en pied d’immeuble, un animateur va sonner à la porte des personnes et les prévenir qu’il y a Rosalie et qu’ils peuvent venir discuter, boire un café…
Faire une programmation, ça sert de support, ça évite de boire du café tout l’après-midi. Maintenant on fait 4 quartiers à chaque fois sur un après-midi avec un passage le matin pour prévenir les habitants. La programmation c’est uniquement une porte d’entrée, s’il y a d’autres envies sur le moment, il faut s’adapter même si ce n’est pas toujours simple.
Il y a un animateur dédié sur la « maraude » en amont du passage du camion et qui gravite autour de celui-ci pendant le temps où le camion est installé ».
Freins/difficultés rencontrées :
« Ça a été difficile d’intégrer le projet et le coordinateur dans le reste de l’activité du centre social. Finalement on a recruté un animateur et rattaché le projet aux coordinations du centre social pour favoriser la transversalité.
C’est un projet à environ 80000€ de fonctionnement que nous avons du mal à financer, la majeure partie du financement dépend d’appels à projets, en particulier du contrat de ville. Il y a néanmoins les bailleurs qui ont toujours souhaité ce projet et qui le soutiennent, plus récemment la ville qui a compris l’intérêt de ce que nous faisions.
Ce qui n’est pas toujours simple également, c’est de trouver les personnes à recruter qui vont savoir-faire et être à l’aise dans ce travail d’aller vers ».
Pour les suites :
« Maintenant les animateurs connaissent bien les gardiens d’immeubles, les habitants amènent des connaissances qu’ils ont, les listes des bailleurs sociaux ne sont plus aussi utiles. On a maintenant des habitants qui viennent nous voir avec des envies et des projets, c’est vraiment ce vers quoi on va et on est ravi. En ce moment les projets c’est par exemple de faire une carte de Coulaines, un repas partagé au pied des tours, un club de tricot… Et cet hiver on a installé des tables et des chaises dans les halls d’immeubles, on a apporté des crêpes et du café, ça marche très bien, on croise tous les habitants qui passent par là ».
Conseils/Astuces/Mot de la fin :
« C’est un projet qui évolue toujours, on ne s’est pas enfermé dans un fonctionnement, on discute souvent avec les bailleurs sociaux pour modifier le projet si c’est nécessaire, il faut vraiment rester souple.
S’installer en pied d’immeuble, ce n’est pas suffisant. Si tu fais juste ça, c’est comme de refaire un centre social en pied d’immeuble avec les effets des murs invisibles qui peuvent se recréer facilement. Ce qui se passe entre les murs du centre social, le risque c’est que tu le refasses en pied d’immeuble.
Il y a tout un tas de partenaires maintenant qui nous sollicitent pour intervenir quand Rosalie est présente sur le quartier.
Ce projet, on s’est battu pour le continuer parce que vraiment ça fonctionne ; renouvellement du public, proximité avec les habitants, on a vraiment rencontré des nouvelles personnes, on est mieux identifié par les habitants, on connaît vraiment mieux notre territoire, ça a dynamisé le partenariat avec les acteurs locaux ».
Où et quand se rendre à la roulotte ?
- Les mardis, rue de Carnac, de 10h à 12h & de 14h à 17h, sur le parking en face du n°27 au 31
- Les vendredis, rue de Moscou, de 10h à 12h & de 14h à 17h, sur le parking en face du n°4
Gratuite, ouverte à tous . Projet porté par les Maisons Pour Tous, Sarthe Habitat, Mancelle d’Habitation et la ville de Coulaines.